• Cette question a fait l’objet d’un « Atelier à Thème » (pour voir ce que sont ces ateliers cliquer ici http://eft-autonomie.eklablog.com/ateliers-autour-d-un-theme-a2858115)

    Que vous soyez familier de l’EFT, thérapeute ou simplement débutant, vous trouverez ici les principales clés pour une pratique approfondie : l’importance d’être bien spécifique, la recherche des aspects, l’utilité de l’évaluation, la persévérance… et verrez aussi une  illustration de ce que sont les bienfaits partagés dans le travail de groupe. La retranscription de la première partie de cette journée se propose donc de vous offrir un  éventail de procédures pour traiter en profondeur une question ou une problématique avec l’EFT. Même si les façons de travailler en groupe sont multiples, j’ai souhaité, ici, pointer les aspects essentiels qui sous-tendent la pratique pour plus d’efficacité. J’ai donc volontairement conservé au plus près les échanges avec les participants ce qui rend le texte un peu long.

    Les participant(e)s sont invité(e)s à donner un exemple, une situation où cette difficulté se manifeste.

    Cerner la situation - Cibler un événement.

    Est-ce qu’il y a dans votre vie un événement, une fois particulière, une situation qui vous vient à l’esprit quand vous pensez que vous n’y arrivez pas ou que vous n’avancez pas ? Prenez juste ce qui vient, ce qui se présente, sans analyser.

    Noémie : Je voudrais vendre mon restaurant, mais au lieu de me focaliser sur la vente, je mets en avant tout ce qui fait que je ne le vendrai pas.
    —  Est-ce que c’est vrai que tu veux vendre ?
         Est-ce que c’est vrai que tu ne peux pas le vendre ?
         Est-ce que tu pourrais trouver des raisons qui font que tu pourrais le vendre ? .........
         ... Et qu’est-ce qui t’empêche d’avancer, là ?........................
    — Ouh la, wwfffou… je suis perdue… j’ai un blanc, un vide.
    — Il y a sans doute des raisons qui font que « c’est vide » quand tu te proposes d’avancer vers ce projet…

     Françoise : Moi, j’arrive pas à me décider, à choisir. J’ai toujours autre chose à faire…
    — Tu sais que ça porte un nom, ça : « la procrastination ». J’ai tout un tas de raisons qui font que je n’arrive pas à enclencher les choses, ou à les terminer. J’ai des tas de projets mais qui sont toujours en cours, un dossier à faire, j’ai des tas d’idées mais je remets toujours, j’ai toujours de bonnes raisons de ne pas m’y mettre, autre chose qui passe avant… et le bureau que je veux ranger a toujours autant de documents qui s’accumulent…

    Noémie, étonnée, demande : Mais ça va à fond dans ce thème, ça… ? Moi, je me sens là dedans.

    — Oui, bien sûr. « Nous sabotons nos envies, nos projets, nos meilleures idées par d’autres raisons prioritaires », c’est totalement de ça qu’il s’agit.
    Quelles sont ces raisons qui font que je n’arrive pas à avancer ?
    Et n’allons pas les chercher avec la tête, la réflexion, l’analyse...

    Nous allons simplement nous mettre à tapoter en nous posant la question, avec cette sensation ou déjà une situation bien précise à notre esprit qui illustre cette difficulté que j’éprouve. Notre système énergétique va se mettre en mode recherche. Soyons alors juste attentif à ce qui se présente, une image, un événement plus ancien de notre vie qui se superpose soudain, comme en flash, un lieu peut-être…

    Noémie : Moi j’ai envie de faire plein de choses, mais après, quand je suis à la maison, je me dis, bof, j’ai pas envie. Il y a des gens qui appellent ça le « aquoibonisme ». Et je ne sais pas pourquoi c’est comme ça.

     — Avec l’EFT, ce n’est pas le POURQUOI qui compte mais le COMMENT. « Pourquoi » est une fausse question, c’est la tête qui va chercher. Quand tu dis « comment ça me fait quand… », tu ressens aussitôt quelque chose comme « ça m’agace, ça m’énerve , ça me désespère…», ou un noeud dans la gorge, par exemple.

    Noémie : Je trouve que c’est douloureux, c’est angoissant.  Quand je me vois là-dedans, j’ai envie de pleurer, j’aurais envie de me foutre des coups de pieds aux fesses, je suis vraiment mal… quand je me vois comme ça ! et sa voix confirme cette émotion.
    — C’est sur cela que l’EFT peut agir.

    Philippe : Il y a quelque chose que je porte qui craint la réussite.
    — Oui, c’est une belle idée, ça… et est-ce que tu pourrais nous donner un exemple ?
    Oui… Je me souviens d’un exemple, j’étais en 4ème et en fin d’année, on jouait à la Qu'est-ce qui m'empêche d'avancer ?belote avec des copains et je me retrouve avec un jeu ! je ne pouvais que gagner ! Et ça m’a mis dans un stress, quelque chose qui me faisait… comme de l’angoisse… la peur de gagner ; et avec tout ça, la peur de ne pas savoir gérer, de perdre ! Si je réussis, il va y avoir aussi un ego qui ressurgit et qui va vouloir écraser les autres, c’est comme une mémoire que j’ai …et je freine mon potentiel. Sinon j’aurais quelque chose qui irait profiter de l’autre, l’écraser.
    C’est comme quand j’ai acquis un savoir… je pense à une fois, au boulot, ou un collègue me demande comment ça marchait, une disquette ou un truc de ce genre en informatique pour enregistrer ; et là, j’ai un truc qui est sorti, comme ça : « Tu sais pas ça, encore ! »

    — Qui t’a dit à toi dans ta vie : « Tu sais pas ça, encore ! », ça t’est arrivé ?
    Mon père a pu me dire ça. C’est pas sous cette forme-là, mais une fois, il m’a demandé de mesurer un bois pour le couper. Je mesure et 2 minutes après, il revient pour le mesurer et pouvoir le couper. La capacité à faire et d’être sûr de ce que je fais a été coupée.
    Va plutôt chercher l’émotion au lieu de tirer tout de suite la conclusion et d’analyser. Quand tu le vois faire ça, venir remesurer derrière toi, qu’est ce qui se passe à l’intérieur de toi ? qu’est-ce que ça te fait ? Probablement que c’est quelque chose comme ça qui est encore présent quand tu dois passer à l’action.
    Oui, je crois que c’est ce que j’ai vécu dans ma vie, chaque fois que j’exprimais une capacité de faire, il ya quelque chose qui venait couper ça…
    — et maintenant c’est toi qui te le fais tout seul… 

    Pascale : Je m’inscrirais bien là-dedans, moi aussi. J’étais partie sur le domaine professionnel. Je suis face à une situation bloquée et je n’arrive pas à demander un entretien pour moi qui pourrait débloquer cette situation…
    La crainte de la réussite me parle aussi. J’ai aussi eu des messages quand j’étais petite du style « Tu finiras caissière dans un supermarché ! » et aussi une institutrice qui m’a expliqué que j’étais « bonne à rien ».
    Ca a bien marché professionnellement pendant des années , et puis là… je suis en train de me saboter, alors qu’en fait je suis reconnue pour mon professionnalisme.  Demander pour les autres, pour l’équipe, j’y vais, mais pour moi… je bloque.

    Je propose à chacun de cibler plus précisément la situation, avec un événement où cette problématique se montre.

    Noémie :Je n’arrive pas à vendre mon restaurant. Mais il y a autre chose qui s’est soulevé. J’ai entendu Pascale dire qu’au début ça allait bien. Et moi, c’est pareil, au début, mon restaurant fonctionnait bien. Petit à petit, dans ma tête, il y a eu « De toute façon on m’a dit que je n’y arriverais jamais. » Est-ce que c’est ça ? parce que on me l’a répété, toujours répété ...
    — Qui t’a dit « Tu n’y arriveras jamais » ?
    Mes parents, ma mère surtout.
    — Tout de suite, est-ce que tu peux prendre une situation précise ?
    Il y en avait tous les jours, alors…
    Pour le restaurant, comme je n’ai plus de clients, ou si peu, et que j’en ai ras-la-casquette et que je veux vendre, en fait je suis épuisée de rester là à rien foutre et je veux vendre parce que je suis épuisée, je m’épuise à tuer le temps. Je n’y crois plus.

    — Vendre serait donc la solution pour échapper à ce stress, cette énergie de ras le bol, fuir le problème. C’est ce que tu es en train d’expliquer...? Et en même temps, tu ne crois pas non plus que tu pourrais le vendre !

    Alors, je ne te dis pas que vendre est la solution ou n’est pas la solution. Ce qui est évident, en revanche, c'est que tu t’épuises.

    Tu as reçu un message comme quoi tu ne dois pas y arriver, il te faut valider ce message : «Qu'est-ce qui m'empêche d'avancer ? Si je ne mets pas  "ça"  en place, il y a quelque chose qui ne va pas ». Tu y arrivais pourtant au début, mais, inconsciemment, tout en faisant du mieux que tu peux par ailleurs, c’est ce message qui te commande. Par exemple, tu as mis en place une situation où il n’y a plus de clients, c’est ce que tu expliques.
    Certes, tu as parfaitement le droit de vouloir vendre et changer, il n’y a rien à redire à ça. On évolue dans la vie et ce qui nous a fait vibrer un temps, nous a rempli d’enthousiasme, rendu heureux peut avoir perdu de son intérêt et on peut avoir envie de faire autre chose.
    Il n’empêche que si tu n’as pas guéri, fait couler, désamorcé ce programme de sabotage, tu le retrouveras encore dans de multiples situations. L’EFT, heureusement, nous permet de faire ça, de sortir du pilotage automatique de sabotage.

    Je te propose de te souvenir d’une fois particulière où ta mère te dit « Tu n’y arriveras jamais !»
    Je pense à une fois où je faisais le ménage. J’avais 10 ans. Il fallait que je nettoie la cuisinière à bois avant de partir à l’école, comme tous les matins. Il fallait l’astiquer avec la toile émeri. Ca ne devait pas être fait à son goût. Ca pouvait être « Pousse-toi, je vais te faire voir ! Tu n’y arriveras jamais ! »

    Noémie choisit de travailler sur cet épisode, avec « La cuisinière » comme titre de son film ( l’intensité dérangeante est à 10 sur une échelle de 0 à 10).

    Françoise : Moi, j’étais une petite fille modèle, bons résultats, pas de bruit…
    — Comment ça se passait pour toi, qu’est-ce que ça te faisait d’être aussi gentille ? Est-ce qu’il y avait des choses que tu aurais eu envie de faire et que tu n’as pas faites ? A quoi ça te ramène ce bonheur de petite fille parfaite ? A papa, à
    Qu'est-ce qui m'empêche d'avancer ? maman qui te complimentait… ?
    Non, ils ne disaient rien, c’était normal.
    — Est-ce qu’il n’y a jamais eu une fois où tu as fait un caprice
    et dont tu te souviendrais ?
    Si, si, si, j’avais 5 ou 6 ans. J’avais mal aux dents. Je disais que j’avais mal aux dents, je n’avais pas la force de crier. J’étais sur mon lit. Je me sentais perdue, peut-être en colère aussi que personne ne vienne. Je me souviens que je pleurais…

     Le titre qu’elle prend pour évoquer ce moment est: « Le mal de dents »  (inconfort à 10)

     Philippe choisit « Le jeu de cartes », avec la peur de se tromper. « J’ai pas intérêt à me planter » en serait le sous-titre. (inconfort à 8)

    Qu'est-ce qui m'empêche d'avancer ?Pour Pascale, le titre est : « Caissière dans un supermarché ». Elle précise le cadre et les circonstances : Ca se passe dans la cuisine, et je devais annoncer à ma belle mère que j’allais vivre avec mon fiancé. C’était après mon bac, je faisais mes études à Limoges et nous avions le projet de prendre un studio ensemble. Pour elle, c’était tout remettre en question. Quand j’y pense, je sens une grosse boule qui remonte (l'inconfort est évalué à 8).

     

    Nous allons faire une séance individuelle, avec l’un(e) d’entre vous, en utilisant la technique du film, et les autres, pour l’instant, vont simplement laisser leur histoire posée, avec le titre et la note, sur le papier, et ne plus s’en occuper.

    La séance avec NOÉMIE 

    Nous choisissons de traiter en détails le film de Noémie, « La cuisinière ». Chacun Qu'est-ce qui m'empêche d'avancer ?tapote en même temps que Noémie.

    Après une première ronde sur le titre en phrase de rappel, nous abordons tout à tour les divers aspects qui se présentent : « J’ai envie de la démolir ». Elle montre sa gorge « où tout l’espace est pris par des sanglots », nous tapotons cette sensation. Puis c’est une « oppression de colère », dans la gorge, « au maxi ».
    « Même si j’ai cette oppression de colère, au maxi, elle a le droit d’être là, cette colère, et je m’accepte avec ce que je sens, totalement et profondément ».
    Après une ronde, la sensation s’est modifiée ; elle note comme une impression de l’avoir oubliée mais d’avoir « serré les dents ».
    Nous déclinons cet aspect : je serre les dents/ j’ai l’impression que je l’ai oubliée cette colère/ mais je serre encore les dents/ je serre les dents…

    Une sensation s’invite à nouveau dans la gorge, qui semble l’étonner au fur et à mesure que je lui propose de voir si c’est comme précédemment : « C’est rigolo… j’ai l’impression d’être un peu…zinzin… j’ai davantage l’impression de la sentir là, de chaque côté (du cou), comme une gêne ».
    « Même si maintenant je la sens sur les côtés de la gorge, et même si j’ai l’impression d’être zinzin, je m’accepte avec ce que je sens  et je me respecte profondément telle que je suis »
    J’ai l’impression que je suis zinzin/ maintenant je la sens sur les côtés, là/ c’est plus tout à fait une oppression / c’est une gêne / j’ai du mal à la décrire


    Je lui propose de se remettre en contact avec la scène pour évaluer ce qui reste de cette sensation, et c’est un geste qu’elle retrouve, elle lève un bras, coude plié pour se protéger le visage « Je fais ça, parce que je sens que je vais m’en ramasser une » et c’est sur ce geste que nous allons tapoter.
    « Même si j’ai (vois ce geste, cette image), je m’accepte profondément avec ce que je vis »
    Ce geste/ je vais m’en ramasser une/ ce geste…

    Noémie sent alors monter la tristesse, dans la gorge. La sensation s’élabore progressivement : j’ai l’impression que ça va m’étouffer, comme si on m’avait mis un col en feutre, à l’intérieur. La sensation est très précise ; après la ronde de tapotements, elle a diminué en intensité et semble s’être élargie. « Je ne sais pas comment ça s’appelle mais c’est comme si mon cou était un bocal, et au lieu de soulever le couvercle, c’est sur le côté, et on l’ouvre comme ça ». L’inconfort est à 5 sur cette sensation qui disparaît après une ronde de tapotements.

    Tester encore.

    Je lui propose à nouveau de se remettre en contact avec la scène, de repasser la cassette du film « la cuisinière ».

    Elle ne sent plus le geste de se protéger, ni tristesse, ni colère mais parle maintenant de toutes les autres situations qui se mettent avec.
    Je la ramène juste sur cette scène, la rassurant sur le fait qu’on aura tout le temps d’aller voir d’autres épisodes tant qu’ils seront actifs. Mais d’abord on va traiter complètement cette histoire-là qui fait partie de la saga « La S….. » (le sous-titre qu’elle avait aussi choisi pour son film et que je n’ai pas précisé par décence au début).
    —  Va voir si tu es bien en y repensant ou s’il reste quelque chose qui te dérange encore. Remets-toi dans la situation,  c’était avant d’aller à l’école, tu sens que tu râles ? ou tu as l’impression que tu t’appliques ?… »
    J’ai l’impression que je m’en fous, c’est obligatoire, je n'ai pas le choix.

     Peut-être une résistance à lâcher.

     Elle retrouve à peine « un poil » de colère, à 2 ou 3,  mais ne le sent nulle part. Nous Qu'est-ce qui m'empêche d'avancer ?entamons une ronde sous forme de jeu : « Même si j’ai peut-être un poil de colère, mais je ne le sens pas, c’est OK, je m’accepte de toute façon avec cette histoire »
    J’ai sans doute de la colère/ j’ai peut-être encore un poil de colère/ je devrais avoir un poil de colère/ c’est vrai, cette histoire, ça ne me plaît pas de l’avoir dans ma vie…

    —  C’est à dire… je ne veux pas qu’elle gagne !  La remarque a fusé.   

    Nous poursuivons la ronde en jouant avec les aspects possibles de cette résistance-là: Je garde un poil de colère/ je ne veux pas qu’elle gagne sur moi/ si je lâche la colère/ c’est comme si elle pouvait tout me faire/ il ne manquerait plus que ça/ je ne veux pas qu’elle gagne sur moi / je me garde de la colère/ même si c’est qu’un poil/ tant pis si je suis mal/ au moins je lui garde de la colère/ en fait c’est pour moi que je garde la colère/ juste parce que je ne veux pas qu’elle ait raison/ et pourtant cette histoire est passée/ mais quand j’y pense, je veux me garder de la colère/ pourtant je ne la sens pas/ Mais je garde quand même le désir d’avoir de la colère.
    — C’est bon
    , conclut Noémie.

    Une nouvelle fois, je lui demande de revenir sur cet épisode, de revoir tout ce qui s’est passé… elle paraît hésiter, « je ne sais jamais », « J’ai tellement de comptes à régler avec elle », dit-elle, avec une détresse dans la voix.
    Est-ce que ce serait quand même possible que tu puisses y penser, sans dérangement ?
    « On va dire que je garde encore une petite part ». Nous tapotons encore sur « ce besoin de gagner »
    « Même si j’ai encore une petite part de ce besoin de gagner, et même si à cause de ça j’accepte d’être mal, je suis OK avec ça »
    « Même si j’ai ce besoin de gagner, je pourrais peut-être lâcher quand même 
    » et après une nouvelle ronde, avec toutes les variations possibles ( je pourrai peut-être lâcher/ mais je ne veux pas me forcer/ moi, j’ai besoin de gagner/ elle avait pas à me faire ça/ Moi, j’ai envie de gagner/ j’ai le droit de m’accrocher…),  je lui cite la phrase bien connue de Nelson Mandela : « La colère qu’on retient contre quelqu’un est comme un poison qu’on avale en s’attendant à ce qu’il tue cette personne. »
    Noémie conclut : « C’est pas tellement salutaire, ça » 

    La persévérance.

    Une nouvelle fois, je l’invite à se replonger dans le film « La cuisinière ». Il reste à peine un « petit 1 ». Il y a encore ce doute : «  Je ne suis pas sûre que cette histoire ne me fasse plus rien »
    S’il y avait une raison de retenir un inconfort, ou un dérangement, qu’est-ce que ce serait ?
    — Elle m’a fait tellement mal dans toutes sortes de situations… que je la mets avec le reste.
    Alors écoute, imagine que tu as une valise, et que tu y mets toutes les cassettes avec tous les films de toutes les histoires et toutes les photos de ces moments. Et maintenant pense au poids que ça fait et comme c’est difficile à soulever, et tu te promèmes toujours avec cette valise. Le plus simple est de prendre la 1ère histoire qui se présente, qui est généralement lourde d’inconforts et de la vider de son contenu, entièrement. C’est ce qu’on se propose de faire avec « la technique du film ». Ensuite on s’occupera des autres.
    Est-ce que tu peux aller voir ce qui pourrait te déranger quand tu penses à cette petite Toi qui a vécu cette histoire, est-ce qu’elle aurait encore envie de dire quelque chose ? envie de te dire quelque chose ?
    — Elle a envie qu’on lui foute la paix. J’ai plus envie d’aller voir.

    Tu peux en rester là. Tu as le droit. Mais peut-être que c’est un petit rien qui reste et que c’est le dernier pas à faire pour te sentir totalement en paix avec cette histoire. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Tu as le désir d’en rester là ? Cette petite fille n’avait pas envie de quelque chose d’autre, qui lui aurait fait du bien peut-être… ?
    — Bof, entre la cuisinière et puis l’école, ça ne lui laisse pas beaucoup d’espace.
    De quoi aurait-elle pu avoir envie quand même cette petite fille ? Quelqu’un ou quelque chose aurait pu l’aider peut-être ?
    — Oui, mon grand père.
    « Même si j’ai encore cette histoire qui traîne par là, je choisis de me sentir protégée par l’amour de mon grand père »

    Et tout soudainement, Noémie s’exclame : « Ohhh, j’ai mal à la tête ! »
    Nous saisissons cette opportunité et tapotons aussitôt sur cette manifestation physique, « le casque » qui fait mal (une ronde) et sur « le choc » que ça lui fait de penser à « du bon » pour elle :« Ca, je n’ai pas l’habitude/ du bon pour moi…/ c’est pas possible/ mais je peux choisir aussi d’y penser/ je peux choisir de le sentir/ non, ce n'est pas possible… »
    Après cette 2ème ronde, elle a encore comme un bandeau, à 5/10, puis à 2 et qui diminue encore à « pratiquement plus rien ».
    « Même si j’ai pratiquement plus rien, c’est OK, je m’accepte telle que je suis maintenant »
    J’ai pratiquement plus rien/ c’est OK, peut-être que c’est plus rien/ mais j’en suis pas sûre/ je ne sais pas comment c’est possible de le lâcher complètement/ mais je sens pratiquement plus rien/ j’ai pratiquement plus rien…
    — Ah là là…de voir mon grand-père dans cette situation, là, j’ai l’impression que ça a freiné ma mère dans son élan, qu’elle n’ose pas me parler, me… je me sens protégée, je me sens bien
     !

    Oui, c’est étonnant comment en énergétique nous pouvons réécrire nos histoires ! aller chercher des ressources…
    Alors, Noémie, comment penses-tu à cette histoire, maintenant ?
    Cette situation ? bwouff, pour moi, elle n’existe plus.

    Voyez, c’est quand c’est presque terminé, quand il ne reste qu’un petit quelque chose, un « chouya » de rien du tout, qu’on peut aller encore plus loin. Et tant qu’il reste un petit quelque chose, on ne lâche pas. C’est le secret d’une vraie libération avec l’EFT. On ne veut pas aller mieux, on veut aller bien.

    — Ce qui est très curieux, c’est, après, de dire "est-ce que je suis sûre de moi ?" Est-ce que c’est possible ? Quand je pense à la situation, j’ai l’impression d’être anesthésiée.  Il n’y a plus rien ! Sa voix est claire maintenant.
    Est-ce que c’est désagréable ?
    — Ben… je trouve que ça a un petit inconfort, parce que je me dis : « T’es pas un peu cinglée ? »
    Nous enchaînons aussitôt sur une ronde : « je suis peut-être un peu cinglée / je suis comme anesthésiée/ oh, mais je dois être un peu cinglée/ comment c’est possible un truc comme ça/ moi, je me sens vivante quand ça va mal !/ et là, je me sens comme anesthésiée/ je dois être cinglée…

    Et nous achevons dans un éclat de rire. Cette histoire a bel et bien perdu son intérêt.

     Les bienfaits partagés.

    Je me tourne maintenant vers les autres participant(e)s.
    Françoise, ton titre était « Le mal de dents ». Reviens zoomer sur ton histoire.
    Je lui avais donné un sous-titre après :« Et moi alors ! »
    Très bien. Où en es-tu ? C’était à 10 tout à l’heure ; et maintenant… ?
    — Non, c’est fini, c’est 0.

     C’est tout l’intérêt quand on travaille en groupe. Nous accompagnons une personne et des résonnances se créent. Notre subconscient établit des parallèles, Nous avons notre propre vision du problème traité, nous suivons, imaginons avec nos émotions, notre propre compréhension émotionnelle donc c’est bien de nous qu’il s’agit. Même si les détails de notre histoire sont différents, l’essence de la problématique est la même. C’est en cela qu’on peut parler de bienfaits partagés (ou bénéfices empruntés)

     Et toi Philippe, avec « Le jeu de cartes »... C’était évalué à 8.
    Je dirai que je suis à 5.

    Et toi Pascale ? Tu avais noté un 8 pour « Caissière dans un supermarché »?
    — Moi, j’ai fait des aller-retour entre cette histoire et celle de Noémie. Je me suis polluée avec ça, j’ai transposé souvent, comme si j’avais peur que ça ne marche pas pour moi. J’ai trouvé des tas de choses intéressantes.
    Quand tu te remets dans ton film… à combien l’évalues-tu, maintenant ?
    — C’est entre 0 et 2. Le coup du grand père, ça m’a aidée ; savoir que je pouvais être défendue...

    PAUSE - Plus tard, nous irons voir ce qui reste dans les histoires évoquées et non encore résolues. L’atelier n’est pas terminé.

     

    Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
    Johanne Desterel

    Praticienne et formatrice EFT, Agen - France
    courriel : jod470@orange.fr

    http://eft-autonomie.eklablog.com/qu-est-ce-qui-m-empeche-d-avancer-a79375769

                                                

     


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  • L'étude de cas qui suit m'est adressée par Martha RYCKWAERT, praticienne EFT.

    Mademoiselle Mandarine, souhaite travailler sur ses problèmes de poids et  de comportement alimentaire compulsif.

    Elle est suivie par une société connue pour ses accompagnements dans l’amincissement. Cet accompagnement l’agace ; d’ailleurs, elle ne se rend pas à tous les rendez-vous et quand elle y va, c’est généralement avec beaucoup de colère.

    « Prendre soin de moi m’est impossible » me dit-elle. « L’hygiène alimentaire me paraît austère. Je préfère m’empoisonner à manger n’importe quoi. Et de toutes façons tout ce qui fait du bien à mon corps et qui doit passer par la voie orale, je n’y arrive pas… ». Et c’est dit de façon  catégorique sur un ton très vif !

    En remontant la piste pour trouver un évènement spécifique dans la vie de Mandarine, qui illustrerait qu’il ne lui est pas possible « d’ingérer » (pour reprendre son vocabulaire) quelque chose pour faire  du bien au corps, nous arrivons à un épisode de son enfance : elle est assise sur le canapé familial, elle est malade, elle a 40 ° de fièvre. Sa mère n’arrive pas à lui faire prendre la gélule d’antibiotique. Son père, vraisemblablement très anxieux que sa fille refuse de se soigner, crie, se met en colère, lui démontre en démontant la gélule pour n’absorber que l’enveloppe de ce médicament, que « c’est facile ».  Et elle n’y arrive pas. ! Malgré les arguments raisonnables : « Tu dois te soigner ». Evoquer cette scène qui remonte à plusieurs dizaines d’années est encore très émotionnel pour Mandarine qui est en larmes. Elle a peur, elle est  très en colère contre son père qui pratique « un abus de pouvoir… a trop d’emprise sur les gens, perd le contrôle »… Nous avons tapoté sur tous les ressentis de cette scène.

    La tension émotionnelle a fortement baissé, mais Mandarine, fatiguée, préfère que nous arrêtions là pour aujourd’hui.

    2ème séance une semaine plus tard.

    —    « Avez-vous remarqué des changements de quelque ordre que ce soit depuis notre dernière séance ? »

    —    « Aucun », me répond Mademoiselle Mandarine. Et c’est dit sur un ton aussi vif qu’au début de notre première séance.

    —    « Donc, vous mangez de la même façon, des gâteaux pendant votre journée de travail, du chocolat en quantité… »

    —    « …En fait, si, quelque chose a changé : j’ai plus conscience de la valeur de ce que je mange. Certes, hier soir, j’ai mangé une plaque de chocolat, mais je suis consciente de ce que ça représente. Alors que, précédemment, je mangeais de façon compulsive, sans  même me rendre compte ».

    Je lui demande de me raconter de nouveau la scène d’enfance, où, malade sur le canapé, elle affrontait la colère de son père qui essayait de lui faire avaler une gélule de médicament « pour son bien ». Elle me raconte la scène, et, « Tiens, c’est tout à fait neutre », me dit-elle.

    Nous poursuivons notre travail de détective pour essayer de comprendre à quand remontent les premiers comportements alimentaires anarchiques.

    Elle me dit avoir toujours eu un « bon appétit », mais entre 19 et 20 ans, elle a des crises de boulimie et « se fait vomir ». A ce moment-là, dans sa vie, elle a un amant (marié) dont elle est très amoureuse. « C’était l’amour de ma vie, je voulais l’épouser ». Au bout d’un an et demi de relation passionnée, il lui annonce qu’il quitte sa femme… mais c’est pour aller vivre avec une autre !  Tous ses espoirs et ses rêves sont anéantis. Elle en parle sans émotion, me disant qu’au fond cela avait été une bonne chose.

    Parallèlement, elle me parle de sa vie affective actuelle ; en couple avec  Albert depuis quelques années, elle s’est inscrite néanmoins sur un site internet de rencontres. Elle ne remet pas en question « son » Albert qui lui apporte de la sécurité, bien qu’elle ressente un manque affectif…

    « Quand je vais sur ce site, je me demande ce que je vais y chercher ; ça me met mal à l’aise. Je ne sais pas si c’est de la culpabilité, mais ça me gêne, j’ai l’impression que je le trahis. Oui, c’est ça, c’est de la trahison ! Et d’ailleurs, tout ça me rappelle une dispute avec mon père ».  Des larmes de nouveau. « Quand j’étais adolescente, j’avais répondu à une publicité qui proposait des cours de peinture. Je voulais simplement avoir des renseignements. Je n’ai pas reçu les infos par la Poste, mais par un démarcheur qui a débarqué un samedi matin à la maison. Là, mon père l’a reçu agréablement, a écouté avec beaucoup de courtoisie sa présentation, et a dit : « D’accord ». J’inscris ma fille à ce cours. »

    Grosse émotion, Mandarine est en pleurs : « Et moi, j’y ai cru ! j’ai cru qu’il allait me payer mes cours de peinture, qu’il était d’accord. Mais dès que le démarcheur a passé la porte, mon père s’est mis dans une colère terrible, m’a engueulée en disant qu’il n’en était pas question, que c’était toujours pareil, que je faisais n’importe quoi sans réfléchir aux conséquences… »

    Nous utilisons la technique du film. Je demande à Mandarine quel titre elle donnerait à la scène la plus douloureuse de cette situation si c’était un film. Elle choisit « Renversement ». De très gentil qu’il avait été avec le démarcheur, le père était  devenu très en colère. Le titre de « renversement » est douloureux à 8/10. Elle est en larmes. Nous tapotons « renversement ». Après 2 rondes  de tapotements, elle a une douleur à la tête, une gêne respiratoire dans la gorge que nous tapotons. Après la ronde de tapotements sur les symptômes manifestés par son corps, les sensations physiques désagréables se sont évanouies. Mais le titre « renversement » est encore douloureux à 7/10.  Elle est très en colère contre son père « qui m’a culpabilisée », me dit-elle. Puis, c’est de la colère contre elle, parce qu’elle avait le droit d’avoir envie de faire de la peinture. Quand nous rafraîchissons ses ressentis, le titre « Renversement » n’est plus douloureux, mais il reste cependant un inconfort.

    — « Y aurait-il un autre titre que vous pourriez donner maintenant à la scène la plus douloureuse ? »

    — « C’est lui qui a déconné ! ».

    Voilà donc le nouveau titre que nous tapotons « C’est lui qui a déconné », et au fur et à mesure, elle rit et en riant me dit « Qu’est-ce que ça me fait du bien, parce que c’est ça, il a déconné ! ».

    Fin de la ronde de tapotements. Je lui demande de me raconter de nouveau la scène entière.

    Elle me raconte la scène tout à fait différemment : « En fait, je suis même pas sûre qu’il se soit mis en colère. Je me souviens qu’il a demandé à Maman de résilier les cours de peinture et que j’étais soulagée. Eh oui, j’étais soulagée. Parce qu’au fond, c’était drôlement trop cher, ces cours ! ».

    Et là, Mandarine se sent très légère et n’en revient pas de voir la scène si différente ; elle en vient même à douter des souvenirs qu’elle en avait et qui étaient restés tellement douloureux. Elle est très étonnée de l’angle de vue complètement différent qu’elle a désormais sur cet évènement, au point qu’elle change tout à fait la façon de raconter l’histoire (en quelque sorte un recadrage spontané).

    Mandarine est une artiste très créative aujourd’hui, pourtant,  elle avait gardé la mémoire d’avoir été brisée dans son élan, et de n’avoir pas été respectée dans ses désirs. D’ailleurs, ce non-respect de ses désirs, elle l’avait reproché à son père et nous l’avions largement tapoté dans la scène des cours de peinture…faisant même quelques « ponts » avec « peut-être » une forme de non-respect de son corps dans son comportement alimentaire.

     Je sors un paquet de gâteaux pour lui en proposer. C’est le sucré et le chocolat qui la font craquer déjà depuis un certain temps . «Non, me dit-elle, ça ne me dit rien ».

    — « Et si je vous proposais du chocolat au lait au praliné ? » (son préféré !)

    — « J’en prendrais un carré, juste pour le plaisir ».

    Elle part libérée, étonnement légère.

    Ce qui touche à la nourriture est connecté à des mémoires biologiques archaïques inconscientes de survie. Je ne suis donc pas certaine que 2 séances auront suffi. Toutefois, les résultats de l’EFT sont  rapides et profonds. D’autant que nous avons pu repérer très vite deux souvenirs très précis qui avaient pu engrammer chez Mandarine une répulsion à prendre soin de son corps et une mémoire de non-respect de ses désirs. 

    Je propose  à Mandarine un rendez-vous de bilan dans 15 jours, libre à elle de l’annuler quelques jours avant la date fixée si elle sent que ce nouveau rendez-vous est devenu sans objet.


    Martha RYCKWAERT

    Praticienne et artiste EFT à AGEN
    mryckwaert@orange.fr
    06 89 45 12 18


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  • Elle est sans cesse « enrhumée » et c’est pénible à supporter à la longue !", m'explique sa mère, qui lui conseille d'essayer l'EFT.
    Elle ajoute:
    "Elle dit qu’elle est enrhumée mais ce qu’il faut savoir c’est qu’elle est allergique (acariens++++ et aussi poussière). 
    Cependant, il semblerait que ce problème physiologique soit de nature émotionnelle, ça pourrait déboucher sur d’autres choses …"

     

    Roxane vient de passer un an à l’étranger (Amérique du Sud), mais à peine de retour en France,  dès le mois de juillet, elle retrouve les mêmes difficultés, sans cesse « le nez qui coule », et c’est comme ça depuis… toujours, ou du plus loin qu’elle se souvienne. A l’école déjà. En cherchant dans sa boîte à images autour de cet inconfort, elle retrouve les fois où elle dormait chez une copine, quand c’était le soir et qu’elle n’était pas chez elle… mais rien de très précis. Peut-être de la poussière...

    Je lui demande de se centrer sur la sensation dérangeante, de la décrire le plus précisément qu’elle peut et de tapoter sur les symptômes qui la dérangent. Elle note une fois encore : « J’ai le nez qui coule » (évaluation de l’inconfort à 9/10), elle fait aussi le geste de serrer son nez entre les sourcils et les yeux et dit : « c’est quelque chose qui me prend, là »  (c’est désagréable à 8/10).

    Nous tapotons ces 2 sensations, l’une après l’autre, mais aucun changement ne se produit.

    Investiguons un peu :

    — Cela se produit-il plus souvent à certains moments de l’année ?
    Non, c’est tout le temps.

    — Comment ça se passe à l’étranger ?
    Elle observe qu’à l’étranger, elle a « toujours des choses à faire ». Elle évoque un peu sa vie au Brésil, en Amazonie , où même dans des conditions difficiles, en forêt, elle n’a pas eu ces inconforts de nez qui coule.

    — Qu’est-ce qui se passe en France qui ne se passe pas à l’étranger ?
    Là, elle remarque que le problème est le même qu’elle soit à Paris, à Lyon, à Marseille,  à Agen ou n’importe où ailleurs. 

    Puis elle note que ses réactions sont sans doute allergiques, ce qu’a révélé un diagnostic médical, identifiant les fauteurs de troubles : poussière et acariens.

    « Même si j’ai une allergie aux acariens et à la poussière, en France…
    « Même si j’ai une allergie aux acariens français et à la poussière française …

    A ce stade nous rions beaucoup, et nous poursuivons la séquence de tapotements en nous amusant :

    « cette allergie aux acariens », en alternance avec « cette allergie à la poussière » , « ces acariens en France »…, « c’est juste en France », «  à l’étranger, pas de poussière pas d’ acariens », « ces acariens français ». (j’aime bien décliner tous les angles d’une expression et jouer avec les mots dans  un ordre ou dans un autre).

    Pour notre deuxième ronde, nous nous centrons sur « les acariens », « cette allergie aux acariens », et à la troisième formulation, sa langue dérape et propose  « les appar… », mot interrompu, dont le son final évoque un « é i » mais la correction ne s’impose pas aussitôt pour Roxane comme si le mot « acariens » avait du mal à être retrouvé dans la seconde qui suit. Je continue alors en prenant le mot qui est là, à sa bouche : « les appareils », lui disant rapidement que ce lapsus qui s’est imposé a certainement ses raisons d’être, même si elle ne les connait pas.

     — Qu’est-ce que ce mot vous évoque ?

    Elle me dit alors que tout de suite, dès que je l’ai prononcé avec elle, elle a pensé aux hôpitaux. Ce qui la surprend.

    Nous cherchons ce que ce mot « appareil » évoque en association avec les hôpitaux dans son histoire. A-t-elle vécu des hospitalisations, ou vu des personnes de son entourage dans le contexte hospitalier avec des appareils… ? et tandis que je la questionne, ses yeux se fixent, un souvenir surgit. Plutôt deux mais c’est le premier qu’elle raconte.

     Elle est petite, elle met la main à environ 80 cms du sol et me dit « je voyais le monde à cette hauteur »,  elle avait 3 ans et souffrait d’un problème d’oreillons. On devait l’opérer.

    « Ils se sont mis à plusieurs », « ils m’ont sauté dessus et ils m’ont plaqué une chose sur le nez ». Ces expressions ont été prononcées soudainement sans rentrer plus avant dans les circonstances.

    Nous tapotons tout de suite sur la peur qui est présente, l’émotion est forte, accompagnée de larmes ; très vite l’intensité descend. Nous revenons alors à la scène.

    Le souvenir se précise. « Ils sont trois ». Il y en a « deux qui me tiennent » ; elle rejette ses bras en arrière, tendus, maintenus. Elle n’a rien oublié de son « envie de se débattre » et des deux qui la maintiennent, l’empêchent de se défendre, pendant que « un autre » lui plaque « ce  truc », « en appuyant au-dessus du nez ».  Le geste qu’elle fait avec sa main plaquée, comme crispée sur son visage, enserrant son nez, évoque la violence ressentie.  Elle se souvient « de l’odeur dégueulasse de ce truc »,  qu’elle a eu dans la bouche pendant 3 ou 4 jours ensuite. Nous tapotons sur toutes ces sensations qui s’estompent progressivement.

    Cependant elle garde encore une sensation désagréable : « cette chose qui me prend le nez » (et le geste qu’elle fait alors est identique à celui du début de notre séance !).

    « Même si j’ai encore cette chose qui me prend le nez…
    « Même si je sens encore en moi cette chose qui me prend le nez…
    « Même si j’ai gardé cette chose qui me prend le nez…

    Après la ronde, Roxane a du mal à retrouver la sensation pourtant si présente l’instant d’avant. (j’adore le regard d’étonnement qui accompagne ces moments)

    J’insiste encore et demande comment était «  cette chose », si elle se souvient de l’objet… C’était « un masque en plastique noir ». Nous évoquons encore cette chose, le temps d’une ronde.

    Pour vérifier que toutes les émotions sont bien levées, je lui demande de me raconter encore cet événement.

    Elle reste silencieuse quelques secondes,  et là, sans que je lui précise quoi que ce soit d’autre, elle fait le lien avec « l’impuissance »  ressentie à d’autres occasions dans sa vie. D’autres événements se présentent…

    Nous prenons du temps pour tapoter encore sur les ressentis d’impuissance associés. Les choses s’éclairent d’un jour nouveau. Tout n’est pas réglé mais une compréhension nouvelle est là.

    L’inconfort physique autour du nez qui coule n’a pas changé. Peut-être y a-t-il d’autres aspects à découvrir pour cette « chose qui prend le nez ». Sans doute aussi faut-il un peu de temps pour qu’une nouvelle dynamique énergétique se mette en place. Parfois, les résultats se font un peu attendre.

         La possibilité d’une nouvelle séance est posée... Elle n'aura pas lieu.

        Un an plus tard, Roxane va bien, ses allergies ont disparu.

    Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
    Johanne Desterel

    Praticienne et formatrice EFT, Agen - France
    courriel : jod470@orange.fr


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  • Depuis toutes ces années où j’utilise l’EFT, je n’en ai jamais fini de m’émerveiller sur tout ce que je vois se produire. Cela peut même sembler « magique » lorsque cela concerne un animal. Pour moi, c’est surtout une nouvelle preuve de l’interrelation entre toutes les formes de vie et l’occasion d’un nouveau regard sur les possibilités infinies dont nous sommes nanties.

    L’EFT pour un animal :

     J’aperçois sur mon parking une masse ébouriffée, une tourterelle presque inerte. Je m’approche doucement pour ne pas l’affoler et je vois que ses paupières closes n’ont même pas la force de s’ouvrir. Je distingue une grosse tique sur un côté de sa tête et des saletés qui se sont amassées autour de son bec.

    Précautionneusement, je l’attrape pour ôter la tique. Elle peut à peine remuer, même pas se défendre. J’en profite pour regarder si elle n’est pas blessée puis je nettoie son bec en le trempant dans un peu d’eau additionnée de 2 gouttes d’extrait de pépin de pamplemousse. Elle réagit si peu que sur l’instant je ne donne pas cher de son devenir.

    Dans les minutes qui suivent arrive ma première cliente de l’après-midi.
    La séance terminée, je la raccompagne. La tourterelle n’a pas bougé de place ; elle semble encore plus affaissée, presque chancelante.  Ma cliente me dit : « Ouhwouff… là… je crois queeee… » et nous pensons qu’il n’y a pas grand chose à faire.

    Après son départ, je regarde une nouvelle fois cette tourterelle, qui semble jeune encore. Son chemin s’est arrêté là, je ne peux rien empêcher… et soudain je me souviens que j’ai « un petit truc » qui s’appelle EFT, qui marche aussi avec les animaux. S’il y a une chance de l’aider, saisissons-là. Je n’attends rien de particulier, je vais juste tapoter sur moi  en me connectant à elle.

    Je suis à 3 mètres en arrière et un peu décalée sur le côté.
    «Même si cette tourterelle est mal en point, c’est un bon oiseau. »
    « Elle est mal en point / à bout de forces… 
    »
    Non, je n’ai pas rêvé, elle a réagi ! Son cou se soulève un peu à chaque fois que je change de point. Pourtant je ne fais pas de bruit, je murmure à peine. Quand nous parlions tout à l’heure avec ma cliente, elle restait prostrée…

    Je poursuis la ronde en égrenant le malaise  que j’imagine : « Elle est tellement mal/ elle n’en peut plus/ elle est mal en point… ». A chaque changement de point, sa tête émerge un peu plus nettement et autant qu’elle peut se tourne dans ma direction. C’est à peine croyable ! Si vite !

    La  première ronde achevée, je continue en disant « je », comme si j’étais elle.
    «Même si je me sens mal encore, je suis une bonne tourterelle . »
    « Je me sens mal encore / épuisée / j’ai encore du mal à bouger … 
    », j’imagine juste dans quel état elle peut se sentir.
    Progressivement, la paupière de mon côté s’entrouvre, cligne plusieurs fois. Et tandis que je poursuis, la voilà qui écarte un peu une aile, maladroitement encore; elle entreprend de se nettoyer dessous, dessus… par petits coups de bec espacés, d’un côté, de l’autre. Elle est encore faible, s’arrête, récupère un peu, reprend…  pendant que j’enchaîne une nouvelle ronde.

    Elle semble moins groggy, même si elle n’est pas encore bien gaillarde. J’effectue une nouvelle séquence avec « encore un reste de fatigue ». Je la vois alors se soulever un peu, essayer de se déplacer sur ses pattes, tituber, bouger encore, trouver un nouvel équilibre au sol…

    Je  ne peux que constater la rapidité avec laquelle elle retrouve de l’énergie. Je me surprends à sourire en la regardant. Je ne doute pas qu’elle va retrouver la force de voler.

     Le téléphone m’appelle à l’intérieur. Lorsque je reviens dans le quart d’heure qui suit, elle n’est plus là !


    Sans doute est-ce dans ces moments où nous lâchons nos croyances au sujet de ce qui peut s’accomplir que tout peut se passer.

    Et pour ceux et celles qui se demanderaient encore comment c’est possible, je rappellerai brièvement que toutes les formes de vie s’exercent dans un champ électromagnétique et que les animaux sont dotés d’un système énergétique qui peut être perturbé tout comme le nôtre. La connexion entre deux systèmes énergétiques permet une action par « substitution» ; par le truchement des tapotements sur mon système, une action indirecte est possible sur un autre système énergétique qui peut recevoir… dans le sens qui lui convient et selon ses besoins. Car il reste essentiel de garder le plus grand respect de  ce qui s’accomplit et qui ne nous appartient pas.

    Mais le mieux est sans doute d’essayer et de simplement constater, au-delà de tous préjugés.

    Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
    Johanne Desterel

    Praticienne et formatrice EFT, Agen - France
    courriel : jod470@orange.fr

    http://eft-autonomie.eklablog.com/la-tourterelle-a58028077


           Pour d'autres témoignages sur l'EFT avec les animaux, consultez aussi sur ce blog: http://eft-autonomie.eklablog.com/marie-helene-et-le-chien-qui-aboie-a2492552 et http://eft-autonomie.eklablog.com/etonnee-et-bluffee-a37789963.

    http://eft-autonomie.eklablog.com/eft-et-communication-animale-a103121005

            Pour d’autres aspects de la communication avec l’animal, vous pouvez aussi lire les textes indiqués en lien ci-dessous en renvoi au site www.energie-sante.net
    http://www.energie-sante.net/fr/CA010_la-communication-animale.php
     

    http://www.energie-sante.net/fr/ca/CA101_la-communication-consciente-avec-les-animaux.php

    ou encore, quelques pistes pour la communication à distance:
    http://www.energie-sante.net/ps/?p=156
      

     


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  • Anne connaît et pratique l’EFT depuis plusieurs mois.  Assidue du Processus de Paix Personnelle, elle s’émerveille des résultats.
    Cependant depuis une quinzaine de jours, elle a un inconfort qu’elle ne sait pas trop comment aborder.

     
    « J’ai un poids », explique-t-elle, « là » et elle fait le geste qui désigne son entrejambe, depuis le pubis jusque très largement entre les cuisses. Elle me regarde, sans feindre son étonnement, et ajoute « c’est comme des poids de pendules », « lourds », « entre les jambes ». « Ils descendent quand même jusqu’aux genoux ! Ca pèse, c’est inconfortable et ça m’empêche d’avancer comme je veux ».

     Nous tapotons tout de suite sur ces sensations, dont elle évalue l’inconfort à 8/9 sur 10 et au cours de la ronde, elle écarquille les yeux et me livre l’image qui se présente à elle, tellement surprenante à ses yeux qu’elle la chuchote : « C’est comme une paire de… testicules ! », elle  esquisse même un geste des mains qu’elle n’ose pas achever, « oooh… mais… je suis une femme quand même… ? », sa voix est tellement basse qu’elle se penche en avant pour la porter vers moi. « Je les vois », murmure-t-elle encore avec un début de sourire ébahi.

     Anne est un petit brin de femme, dont la grâce et la douceur ne laissent aucun doute sur sa nature féminine. Je lui demande de se centrer simplement, sans jugement particulier, sur cette image. En reprenant ses mots, nous continuons à tapoter sur « ces poids », avec tous les aspects qui se présentent, de « la pendule » aux « testicules ».

    Après quelques rondes, la sensation de poids diminue. Ils sont plus petits et une autre image vient alors se superposer, « des petits pois à manger » !

    Anne est maintenant à la cantine, devant une grande assiette blanche (elle ne voit pas le contenu). Elle se souvient qu’à l’école l’instituteur la forçait et la punissait car elle ne pouvait pas avaler la viande rouge... ! Il y a quelques mois, nous avions déjà travaillé sur une scène à la cantine, en lien avec la difficulté d’avaler (et le cortège des émotions associées, impuissance, colère…)

    Et tout à coup, tandis que nous poursuivons la ronde, la voilà qui s’exclame « Mais si j’avais eu une paire de c……., je lui aurais craché à la figure ce qu’il me forçait à avaler ! ».

    Très vite le mot « paire » devient « père » ; Anne se souvient : « Un  jour, mon père, lui, il lui a montré qu’il en avait une paire ! il a collé l’instit. contre le poteau ! Maman avait déjà dit maintes et maintes fois à ce monsieur que je mangeais peu, et de ne pas me forcer… Ce jour-là, papa a eu le courage ! Il est venu me chercher à midi et je n’ai plus mangé à la cantine. »

     Quelques jours plus tard, Anne m’écrit ceci : « Quel jeu de mots ! Et moi, aujourd’hui, je n’ai plus de poids qui pend entre les jambes ! »

    « A la fin de la séance, j’ai vu un lion rugir en moi et je sais que ma force intérieure a repris sa place. J’ai ressenti comme une cicatrisation et une douce chaleur a envahi mes entrailles. »

     

    Cela fait partie des « petits bonheurs » fréquents en EFT, où l’on tire un fil, sans chercher à comprendre ni à expliquer les liens logiques. Les mots sont «détricotés » par une 3ème oreille, qui, profitant des doubles entendements (auditifs), opère des superpositions, rapproche des événements, entend à d’autres niveaux.

    Un autre décryptage permet alors d’ouvrir la porte à des significations plus profondes, comme dans les rêves. Les mots s’offrent en tant que symboles, permettant au sens caché des choses de se dévoiler.

    Ce qui paraît un jeu de mots est l’une des clés que nous offre la langue pour restituer la substance de l’expérience, les « traces sensorielles » associées à un contexte émotionnel vécu dans le passé. Des informations accumulées dans notre cerveau, sous forme d’images mentales visuelles, auditives, tactiles, gustatives, olfactives, kinesthésiques… surgissent comme des éclairs de conscience.

     

     Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
    Johanne Desterel

    Praticienne et formatrice EFT, Agen - France
    courriel : jod470@orange.fr


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