• « La guérison vient de l’intérieur » Guy Corneau



    En 2007, le célèbre psychanalyste québécois Guy Corneau découvre qu’il souffre d’un cancer. Très avancé. 
Or, moins d’un an après, il est en rémission. Il relate sa traversée de la maladie dans un livre, « Revivre! ».

 C’est dans l’appartement parisien qu’il a loué pour trois mois, en plein cœur du très vivant Marais, que Guy Corneau nous reçoit. 
Il dit ne plus être le même homme qu’avant le cancer, mais il a toujours la même soif de partager ses expériences, ses découvertes.
 Il est donc en pleine tournée de conférences et viendra parler de son livre en Suisse à mi-mars. Les yeux illuminés par la richesse 
de sa vie intérieure, il évoque sans dogmatisme toutes les ressources qu’il a mises en œuvre pour favoriser son retour à la santé, 
parle beaucoup de la puissance de l’esprit, nous incite à renouer avec le meilleur de nous-mêmes, à retrouver le goût de vivre.


    « Mon cancer m’a redonné le goût de la vie » Guy Corneau


    Vous vous êtes remis d’un cancer de stade IV, touchant l’estomac, la rate et les poumons, en moins d’un an! 
Quelle est votre formule magique?


    Il n’y a pas de formule magique, pas de recette. J’ai associé beaucoup de types de médecines différentes pour intervenir aussi bien au niveau du corps que de l’esprit et de l’âme. Chimiothérapie, médicaments, mais aussi les plantes. J’ai fait beaucoup de jus de verdures et des choses comme ça, j’ai fait attention à mon alimentation, j’ai eu recours à l’homéopathie, beaucoup de 
visualisation, de méditation, la nature, mes proches. J’ai refait une psychothérapie… Un ensemble de choses qui m’ont 
permis de retrouver le goût de vivre, au fond.

     Vous qui êtes plutôt médecines douces, vous avez accepté la chimiothérapie ?



    Pas de bon cœur, mais je la conseillerais à tous les gens très malades. La chimio, la radiothérapie, les médicaments, ça combat 
quand même directement l’inflammation. Au pire, ça vous donne du temps pour agir autrement. Je me disais aussi que je pourrais 
nettoyer tout ça après. Là, d’ailleurs, je suis en train de nettoyer tout ce qui reste de traces de chimie dans mon corps.



     Mais la chimio ne suffit pas?


    Non. J’ai eu la chance, au fond, d’être très malade avant tout ça. J’ai souffert durant trente ans de colite ulcéreuse. Les anti-inflammatoires et la cortisone m’ont sauvé la vie au moins deux ou trois fois, mais je me rendais compte qu’à long terme ils ne réglaient pas le problème. Donc j’ai commencé à tout écumer, à chercher, à parler autour de moi, à associer toutes les 
techniques qui pouvaient m’aider; et, là, j’ai vraiment guéri. J’ai fait la même chose pour mon cancer.


    Quelles techniques vous ont le plus aidé?


    Je crois à la synergie. Mais c’est sûr qu’il y a des choses sur lesquelles on a plus de prise. La chimiothérapie, l’environnement, 
le terrain génétique, vous n’avez pas beaucoup de prise là-dessus. On en a déjà davantage sur ce qu’on mange. Et je pense que 
la place où l’on peut vraiment se prendre en main, c’est nos états intérieurs, c’est notre psychologie, au fond. C’est pour ça 
que j’insiste sur l’importance qu’il y a à travailler là-dessus.



    Recommanderiez-vous à tous ceux qui ont un cancer de faire une psychothérapie?


    Oui. Pour deux raisons. La première, c’est qu’on a besoin d’un soutien par rapport à l’angoisse, aux dépressions qu’on va 
rencontrer. Parfois, notre entourage peut l’apporter, mais parfois ils sont tellement contractés que ça renforce vos propres 
peurs. Et puis on ne peut pas tout partager avec eux, par crainte de blesser, de gêner. On a besoin d’un endroit où l’on 
puisse s’exprimer librement, se laisser aller. L’autre raison, c’est d’aller voir comment je ressens ma propre maladie, 
comment je ressens les organes qui sont atteints; ça permet de se mettre à l’écoute de ce qui est en jeu.



    La maladie a donc un sens?


    C’est toujours intéressant de se mettre à l’écoute du sens d’une maladie. Même une grippe. Pourquoi est-ce que j’attrape une 
grippe à tel moment? La plupart du temps, c’est parce qu’on est fatigué, qu’on a besoin de se cocooner un petit peu. Donc de
 revenir à soi. La maladie invite toujours à revenir vers soi, à une sorte d’intimité avec soi. Et c’est sûr que les êtres humains sont 
des chercheurs de sens. On se pose la question: pourquoi moi? pourquoi ça m’arrive? Il faut tenter de répondre à ces questions. 
Mais je dirai aussi qu’il est très important de ne pas en faire une obsession, car alors ça devient une dictature. On tourne encore 
dans notre mental. C’est pour ça que je dis aux gens que ce qui est intéressant, c’est de se mettre à l’écoute du sens. 
Pas tant chercher, chercher, chercher, mais écouter ce qui peut venir de soi.



    Comment se met-on à l’écoute du sens?


    Oh, vous fermez les yeux quelques secondes et vous laissez venir. Des couleurs, des souvenirs, des idées… Après, on peut 
amener la parole extérieure, chercher ce que la médecine chinoise dit de ça, ce que l’homéopathie propose, consulter des livres… 
Ah, ils disent ça? Tiens, ça, ça me parle. Il faut aller vers les choses qui résonnent en nous et, en fait, on tricote sa chose comme
 ça. Le plus important, c’est d’être vivant par rapport à ça, de se mettre en quête de quelque chose. Parce que, ce que le corps 
entend à ce moment-là, ce que les cellules entendent, c’est: «Tiens, tout à coup on a de l’attention, on n’existait pas et tout à 
coup on existe.» Comme un enfant fatigant, qui ne vous lâche pas. Tout à coup, vous lui donnez de l’attention, il arrête.



    Mais si l’on ne trouve pas le bon sens?


    Il n’y a pas un bon sens. Ce qui compte, c’est qu’il y ait du sens à votre maladie, que vous cherchiez un chemin, que vous le trouviez. Ce sera de toute façon un chemin d’attention à soi, de respect approfondi de soi, et ça, c’est déjà un 
élément guérisseur. Ça stimule la guérison.


    La maladie dénonce-t-elle toujours, comme vous le dites, un écart entre soi et soi-même?


    Oui, parce que souvent on devient quelqu’un par la force de la vie, la force des choses, les attentes de nos parents. 
On se trouve un chemin au fond. Et c’est souvent une sorte de compromis par rapport à ce qu’on sent qu’on aurait pu
 devenir. C’est de cet écart-là que je parle. S’il devient trop grand, si la vie qu’on mène n’est plus assez satisfaisante, 
il y a une perte de joie de vivre. Et si elle est trop forte, la maladie s’installe; elle vient vous dire qu’il y a quelque 
chose qui ne va plus, qu’il faut aller voir ce que c’est.



    On est donc responsable de son cancer?


    Non! Je dirai que la maladie est une occasion de devenir responsable de soi. De ce qu’on a fait avec ses talents, avec ses goûts
qui n’ont pas encore trouvé leur expression. De mieux se connaître. Moi, j’ai réalisé que j’avais oublié mon goût pour les activités 
artistiques, que tout ce que je faisais, les conférences, les livres, la télévision, et qui était passionnant au début, toutes ces choses 
étaient devenues des charges et des responsabilités qui m’ont poussé à beaucoup trop négliger l’aspect ressourcement de la vie: 
être avec mon amoureuse, mes amis, dans la nature, faire de la poésie, de la musique… Je suis convaincu que trouver du sens 
et trouver de la joie, ça libère de l’énergie, et cette énergie-là peut être utilisée pour revenir à la santé.


    Vous avez aussi beaucoup travaillé sur vos états intérieurs pour stimuler la guérison. Comment?


    Surtout grâce à la visualisation et à la méditation, que j’ai pratiquées radicalement, tous les jours. C’est comme les poids 
et haltères. On part d’une pensée positive, on l’amène au niveau d’une sensation et, à force de pratique, on réveille notre capacité à regarder et à sentir les choses dans une lumière positive. J’ai mis sur mon site un exercice de dialogue avec les cellules, qui 
est gratuit et qui peut vous guider dans un travail de visualisation. Le premier temps, c’est une détente, le deuxième une écoute 
des organes touchés, et la troisième partie, c’est justement d’utiliser la force de la pensée positive, créatrice, pour créer un 
paquet de nouvelles cellules, de les imaginer dansantes, lumineuses…



     N’est-ce pas de l’ordre de la pensée magique?


    
Si vous êtes inquiète, vous vous sentirez mal, vous aurez une boule au plexus. Alors, si des pensées négatives 
arrivent à bouger votre physiologie, pourquoi des pensées positives ne le pourraient-elles pas? Il n’y a rien de magique dans cette approche: nous sommes faits de milliards de cellules, elles sont le plus petit dénominateur et ce sont elles 
qui sont les plus faciles à influencer aussi. 



    Comment Monsieur Tout-le-Monde peut-il s’y retrouver dans toutes ces techniques et éviter les charlatans?


    Il faut aller vers ce qui nous parle et fuir tous ceux qui prétendent détenir la vérité et veulent vous l’imposer. Se faire 
confiance un peu et, aussi, se dire qu’il n’y a aucun élément qui peut vous sauver à coup sûr. On ne peut que favoriser le retour à la santé, c’est la nature qui décide. Il faut surtout sortir de son isolement et briser le silence. Le premier enseignement de 
la maladie, c’est qu’on ne peut pas s’en sortir seul. Faites-vous accompagner, demandez autour de vous: il y a plein de gens 
qui ont de l’expérience. Et faites, quand vous le pouvez encore, le choix de vous donner du temps !



    Durant votre cancer, vous avez accompagné une amie atteinte d’un cancer du sein et qui en est morte. 
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui ont un proche malade?


    De dire ce qu’ils ont à dire, en respectant la personne et en lui laissant sa liberté. C’est difficile. J’ai trouvé bien plus 
difficile d’accompagner Yanna que d’avoir le cancer. Comme malade, on a toujours quelque chose à faire. Mais quand 
on accompagne, on est juste assis là, on rend de petits services… On vit plus d’impuissance et de révolte. Pourtant, il 
faut s’organiser pour rester en forme et de bonne humeur à travers tout ça car, quand on est très malade, la personne qui 
vous fait le plus de bien est celle qui est de bonne humeur dans votre chambre. Un autre conseil pour aider les malades, 
qui souvent se font des reproches sur leur vie, c’est de les amener à revenir au niveau des intentions avec lesquelles ils 
ont fait les choses. On peut ainsi les aider à se respecter, à s’aimer, puisque même ce qu’on n’a pas bien réussi part 
en général d’une bonne intention.



    Pourquoi avoir fait un livre de votre expérience?


    
Je voulais donner une sorte de chemin aux gens et leur permettre de l’évaluer et de se dire:
 « Tiens, il a fait son cocktail comme ça et ça a bien réussi. Peut-être que je peux faire le mien. »


     

    
Un grand Merci à Mireille Monnier pour cette entrevue, publiée dans l’ « Infolettre » de Terre de Lumière du 12 mars 2011.
    http://www.terre-de-lumiere.com 

     

    Il n’y a pas de guérison en tant que telle, tout est autoguérison !

    Voici un extrait de l’excellent livre Revivre ! de Guy Corneau

    "Les médecins et leurs médicaments, les thérapeutes et leurs techniques, les suppléments alimentaires et vitaminiques, tout cela a pour véritable effet de stimuler nos propres mécanismes de survie, ceux qui sont intérieurs à chaque cellule et qui font partie du patrimoine organique de l’être. La chimie, le repos, la psychothérapie, la fantaisie, la beauté, l’amitié, l’amour, la nature et l’expression servent tous à animer et à stimuler ces mécanismes si précieux. Ces éléments agissent comme autant d’environnements bénéfiques vis-à-vis d’une guérison qui vient de l’intérieur. Voilà pourquoi il ne saurait y avoir de formule magique émanant de l’extérieur. Une fois que l’on a mis en place le cadre guérisseur qui nous convient, il faut par la suite compter sur ses propres ressources, cultiver ses états intimes, activer le plus de joie possible et faire confiance à la vie.



    Nous cherchons à l’extérieur le coup de baguette magique. Mais il vient de l’intérieur. La maladie sert justement à éveiller le magicien de la vie dont les ressources dorment, négligées. Je ne sais pas pourquoi il est si difficile de se convaincre d’une telle chose.



    Sans cesse, je dois me le rappeler à moi-même. Sans cesse. Le mécanisme consistant à chercher de l’aide 
à l’extérieur est si fort que l’on oublie avec la plus grande facilité du monde que les sensations d’amour, 
de paix et de liberté intérieure constituent les agents de guérison les plus puissants.

"

     

     

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    soeur diane
    Mercredi 28 Septembre 2011 à 17:45

    Merci pour vos explications très claires .


    J'ai perdu ma meilleur amie ily a 6 ans elle avait uncancer du sein pendant 12 ans...  


    Mon petit frere a succombé a un cancer en 2 mois (15 mai tache au poumon décès 2 mois + tard le...14 juillet).


    La 1ère aurait suivi votre itinéraire le second a choisi une forme de suicide...

    2
    johanne Profil de johanne
    Mercredi 28 Septembre 2011 à 19:30

    Sans doute la maladie peut-elle être vue comme un parcours d'évolution, une incitation à  emprunter ce chemin. C'est en tout cas ce que je retiens du message de Guy CORNEAU.

    Mais nous avons aussi "le choix" de quitter la scène. En tout cas une partie de nous-même a ce choix. Je partage l'idée qu'aucun départ n'est le fait du hasard.

    Chaque être est libre de son parcours et malgré la peine ou le vide que nous pouvons ressentir face à la disparition d'un proche, l'honorer et respecter "son choix" est sans doute une bonne façon de le remercier pour le temps passé avec lui.

    Bien à vous.

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